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Sécurité nationale- Forces Spéciales CCDO

Sécurité nationale- Forces Spéciales, CCDO, Garde Républicaine et militaires déployés, la manifestation des ex-combattants redoutée ?

Le constat a été fait par les yeux avertis depuis quelques jours seulement. Un renforcement inhabituel du dispositif sécuritaire a cours dans les grandes villes du pays. Les services de sécurité sont en alerte maximale.

« Dans la journée, il est difficile de le voir, mais dès la nuit tombée, on constate un déploiement massif de policiers et gendarmes dans la ville. Et cela depuis un certain moment. On ne sait vraiment pas ce qui se passe mais on reste très attentif à la situation sécuritaire dans le pays » a affirmé sous le sceau de l’anonymat, un habitant de San Pedro, ville côtière du sud-Ouest de la Côte d’Ivoire.

A des centaines de kilomètres de là, à Oumé, le dispositif des forces spéciales dans la ville est monté d’un cran en effectif. “Ce sont les gendarmes qui ont pris en main la sécurité autour de la prison civile” fait savoir une source locale jointe par PoleAfrique.info.
Même constat à Abidjan, Bouaké et Man, les services de sécurité ivoiriens, ont renforcé leurs dispositifs de surveillance ces derniers jours. Les patrouilles sont de plus en plus fréquentes et les forces spéciales ont quadrillé certaines villes. A Abidjan, les fouilles des véhicules et les contrôles aux carrefours sensibles se sont accentués. 
On ne passe plus devant les commissariats dès la tombée de la nuit comme je l’ai constaté hier à la Riviera 9 kilo et à Bingerville. Des soldats sont aussi présents, un dispositif des plus inhabituels” témoigne une source.
A Bouaké, PôleAfrique.info apprend que “la préfecture de région est sous surveillance des militaires quand le CCDO a pris pied à la préfecture de police” informe une autre source sur place.
Des dispositions particulières qui pourraient s’expliquer par trois raisons essentielles, selon le docteur Eddie Guipié, enseignant-chercheur à l’Université Péléforo Gon de Korhogo.

« Quand un pays renforce son dispositif sécuritaire, c’est pour répondre à une situation bien déterminée. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, ce pourrait être pour prévenir la menace terroriste car vous n’êtes pas sans savoir que Dakar a déjoué une attaque de ce genre, il y a très peu. Ensuite, il y a le malaise au sein de la coalition au pouvoir. Les dirigeants actuels sont-ils déjà en train de se préparer au pire ? On ne saurait le dire. Enfin, la dernière raison qui me semble la plus plausible, la manifestation annoncée des ex-combattants à travers tout le pays. Je ne pense pas que les autorités craignent des infiltrations mais plutôt que ces mouvements provoquent des débordements et soulèvent des tensions » a analysé le politologue ivoirien.

 Pourtant les résultats récents publiés par la police nationale à travers l’opération Épervier 3, montrent que la lutte contre la criminalité à Abidjan et d’autres villes de l’intérieur commencent à porter ses fruits. Plusieurs interpellations et démantèlements de foyers de scélérats ont été constatés. Mais le déploiement sécuritaire actuel dénote de la crainte d’une menace plus sérieuse. Est-ce la manifestation des ex-combattants de la cellule 39, qui inquiète à ce point les dirigeants ivoiriens ? Pour le professeur Dogbo Pierre, resté fidèle à sa ligne selon laquelle, il faut organiser des états généraux pour réformer l’armée de Côte d’Ivoire, la crainte des autorités est justifiée.

« La Côte d’Ivoire est un pays fragile avec des institutions tout aussi fragiles. La crise post-électorale n’a pas encore été soldée et partant, il est tout à fait normal d’observer des foyers de tensions à travers tout le pays. C’est la sécurité nationale dans son ensemble qui pose problème. On constate des attaques et des braquages à n’en point finir sans que personne ne puisse réagir. Tant que les autorités ne régleront pas de façon définitive la question des démobilisés, le pays ne sera jamais en paix. C’est comme une bombe à retardement » a t-il analysé avant de s’exprimer sur la mauvaise qualité des rapports entre le Président de la République Alassane Ouattara et Guillaume Soro, président de l’Assemblée Nationale. Pour le directeur de l’école des Sciences politiques de l’Université Félix Houphouët-Boigny, les deux hommes doivent éviter que la crise prospère de peur que la situation ne leur échappe complètement.

 Au Plateau, un équipage de la police est présent dans la gare Sud de la Sotra et veille au grain tandis que d’autres patrouillent dans la ville.

« Plutôt que chacun reste campé sur sa position, les deux hommes doivent se parler pour dissiper ce sentiment de méfiance au sommet de l’État. Le Président Ouattara nous fait croire que tout va bien alors qu’on sait pertinemment que ce n’est pas vrai. Il demeure la seule personne capable de régler le problème. Tout ce déploiement de nos services de sécurité n’est pas fortuit » a conclu, le politologue.

Pour un soldat, “c’est juste de la dissuasion” quand une haute source sécuritaire précise “qu’on craint une récupération” de la manifestation annoncée des ex-combattants des Forces Nouvelles. 

La manifestation des ex-combattants est annoncée pour ce jeudi 26 octobre sur toute l’étendue du territoire. Mais, précisent-ils, “elle se veut pacifique et se déroulera sous forme de sit-in encadré par les forces de l’ordre” selon Ouattara Yssouf alias El Diablo, le secrétaire général de la Cellule 39 qui dit ne plus tenir la “pression” de ses camarades qui le taxe de “vendu”. L’objectif, faire pression sur le gouvernement ivoirien afin qu’il se penche sur leurs conditions de vie.

Éric Coulibaly

Source : rédaction Poleafrique.info

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