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adissa Touré

Depuis plusieurs mois, des centaines de milliers de personnes défilent à Kolia, une commune située entre Boundiali et Kouto, route de Tingrela, non seulement pour aller se faire traiter, mais aussi pour suivre les miracles réalisés par Dame Adissa Touré, qui à l’aide du Coran, sauve des vies. Dans ce récit, nous vous expliquerons ce que nous avons vu et entendu de cette femme et ses miracles…

4 heures de route entre Bouaké et Kolia

   Ce mardi 29 juin 2021, à bords d’un vehicule personnel, Mori et moi sommes prêts pour le voyage. De Bouaké à Kolia, nous n’avions aucune idée de la distance à parcourir. Tout ce que nous savions, c’est que nous allons de Bouaké à Korhogo, puis de Korhogo à Boundiali et de Boundiali à Kolia en empruntant la route de Tingrela.

‘’ Avant de quitter Bouaké, vous devez avoir au moins un bidon de 20 litres et un pot de miel. Pour le beurre de noix de karité, on peut l’avoir surplace.’’ Nous avait avertis la grande sœur avant notre départ. Ce que nous avons fait.

Il est donc 12 heures ce mardi, lorsque nous partons de Bouaké. Après 2 heures de route, nous sommes à Korhogo, recherchant la voie qui mène à Boundali. Des personnes de bonne foi nous l’indiquent, puis nous nous lançons.

La route Korhogo- Boundiali, est dégagée ce jour-là. Mais, la circulation, par endroit, reste difficile à cause des nids de poule qui, si rien n’est fait, se transformeront en nids de dindon.

Après la traversée de Boundiali, sommes à Kolia et il est 16h. Un coup de téléphone à la grande sœur et nous voici à la gare de Kolia, où Tricycles et les minus bus (Massa) s’arrachent les passagers. Des hommes et des femmes partant ou quittant le lieu saint, l’espace de prédilection de Dame Adissa Touré.

Nous sommes guidés par la grande sœur, venue, à moto, nous chercher à la gare pour le lieu saint.

‘’La dame n’est pas là. Elle est partie depuis le Jeudi dernier à Abidjan et n’est pas encore revenue. Ce sont ses disciples qui prient à sa place en ce moment. Mais avec le simple nom de la dame, ils arrivent à faire des miracles.’’ nous rassure la grande sœur.

Vente d’eau en bidon : un marché juteux

Nous avions nos bidons, mais des bidons vides. Nous achetons alors de l’eau de robinet avec des marchands, qui pour la circonstance ont ouvert un marché pour le vente d’eau.

En effet, de nuit comme de jour, des dizaines moto tricycles, transportant de gros réservoir remplis d’eau potable, font la navette entre le centre-ville de Kolia et le lieu saint situé à l’Est de la ville. Coût d’un bidon de 20 litres ; 100 fs cfa.

Une fois le bidon d’eau acquis, nous le déposons juste devant nous. Bien entendu, après avoir pré Dieu, le Tout Puissant, Allah, pour qu’il nous donne la guérison totale et qu’il éloigne le mal de nous.

Puis, sur le bidon, nous déposons le pot de miel et le beurre de karité que nous avions acheté sur place. Et c’est tout.

Ce mardi soir, nous étions donc à notre premier bidon. Même si nous avions prié sur ce bidon, celui-ci n’avait pas encore reçu la bénédiction de Dame Adissa ou de ses disciples. Nous passons donc la nuit du mardi au mercredi, espérant que Dame Adissa Touré, himselth, reviendra de son voyage le mercredi. A défaut, nous nous contenterons de la bénédiction de ses disciples.

Des nuits de sommeil à même le sol

La nuit était donc tombée. Nous avions dans la voiture, une natte de 3 places du pain et des habits de rechange, parce que nous savions que l’on a droit qu’à 3 jours de prière en ces lieux.

Tous les visiteurs, en ces lieux, dorment au clair de la lune, ou dans des cabanes de fortune. En tout cas si l’on veut garder tout contact avec ce camp de prière.

Nous mettons à la disposition de la grande sœur, la natte et nous nous dirigeons vers la voiture dans laquelle nous passions notre première nuit.

Après la prière de l’aube, nous nous promenions sur la place, par curiosité, mais aussi pour rencontrer une belle sœur qui elle aussi pour des raisons de santé avait effectué le déplacement.

C’est en ce moment que nous constatons la présence de milliers de personnes et des centaines de bidons d’eau regroupés par endroit, ou placés juste en face des dortoirs.

Des personnes étaient à même le sol, sur des nattes, du plastique ou sur des sacs, tandis que d’autres se lavaient à plusieurs reprises, avec des bidon d’eau déjà bénis par les disciples de Dame Adissa.

Rendez-vous manqué avec Dame Adissa Touré  

Nous sommes, vers 7h 30 du matin ce Mercredi, avec la belle-sœur, lorsqu’un véhicule blanc de type Hyundai nous dépasse. A bord du véhicule, une Dame voilée sort la main droite et salue la foule. C’est l’hystérie. ‘’ Elle est venue ! Elle est là ! Tantie est venue’’ s’écriaient des femmes courant vers le podium où Dame Adissa Touré prêche et rencontre l’immense foule venue à la recherche du bien-être.

La voiture ayant garé dans la cour, Dame Adissa, monte sur le podium et des deux mains levées, elle salue la foule, visiblement heureuse de la voir.

 

Puis l’un de ses disciples annonce ; ‘’ Tantie est venue vous saluer. Elle me demande de vous dire qu’à 10h, le travail va commencer. Nous vous prions de patienter un peu’’.

A 10 h donc, Dame Adissa Touré est effectivement sur le podium pour la prière. Elle commence par son ‘’salam’’ habituel, avant d’entonner son chant favori. Mais la foule immense se bouscule juste à côté du podium. ‘’ Assoyez- vous ! Arrêtez de vous bousculer sinon je vais rentrer.’’” dit-elle en malinké à ses visiteurs devenus sourds pour la circonstance.

Malgré son insistance, la situation restait identique. Alors Dame Adissa retourna dans sa maison donnant rendez- vous pour 16h…

(La suite, dans la deuxième partie)

Kader Diaby