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Depuis un certain moment, je me sens mal. Je revis les durs moments de la crise que nous avons vécue. Avec son corollaire de morts et de désolations. A l’analyse des faits présents, je présents une autre crise plus sanglante et meurtrière qui risque de frapper la Cote d’Ivoire, une nouvelle fois. Mon inquiétude grandit chaque jour qui passe et cela me rend malade.

Le décor est planté. La crise que traversent les houphouetistes est le catalyseur de ma crainte. Souvenons- nous, en 1993, après la mort du père fondateur, la tension entre les héritiers du vieux, ont fait surgir le malheureux concept de l’ivoirité. La première conséquence grave, après qu’on ait renié la nationalité, à des ivoiriens, fut le coup d’Etat de 1999.

Sous le règne du feu général Guei Robert, les adversaires du père fondateur ont pris les rênes du pays. Exacerbant la haine tribale, la xénophobie et un nationalisme radical, ils nous ont conduit aux élections ‘’calamiteuses’’ d’octobre 2000, avec le charnier de Yopougon, et le viol collectif des femmes de l’opposition qui manifestaient pour réclamer plus de justice.

L’élimination des candidats des deux grands partis politiques, et la crise militaro-politique de 2002 vont pousser les fils d’Houphouët Bobigny à se donner la main. L’objectif étant certes la conquête du pouvoir d’Etat, mais il s’agissait de redonner à la Cote d’Ivoire une stabilité et une paix rassurante afin de poursuivre l’œuvre du père fondateur.

La crise post-électorale de 2010 qui a fait plus de 3 000 morts, selon l’Onu, a fini de nous convaincre de la barbarie gravée dans les gènes des ivoiriens.

Et comme si tout cela n’avait pas permis aux ivoiriens de comprendre la nécessité de préserver la paix, voilà que les démons de la haine et de la violence refont surface, comme si nous étions maudits à jamais.
Les deux grands des partis dits houphouetistes ne se parlent plus, depuis plusieurs mois, pour des raisons d’intérêts divergents.

Conséquences directes, les ivoiriens se regardent à nouveau avec des yeux de méfiance et de haine. Sur les réseaux sociaux, l’on a déterré l’ivoirité, cherchant à épiloguer sur les origines des uns et des autres. La haine tribale et ethnique se développe à grande échelle. Les appels au meurtre se multiplient.

Ce qui s’est passé à Maradiassa, le week-end dernier, ou des communautés se sont découpées à la machette, pour des raisons liées à la délimitation des terres, n’est qu’une infime partie de ce que pourra être 2020, si la situation actuelle ne change pas positivement entre les deux grands houphouetistes.

Comment peut-on comprendre qu’un ivoirien regarde droit dans les yeux d’un autre ivoirien, et le découpe violemment à la machette ? Cela reste l’expression brutale et ignoble de la haine que chacun emmagasine en lui.

Tous, autant que nous sommes, nous devons œuvrer à faire en sorte que la Cote d’Ivoire ne retombe pas dans une autre guerre. Nous n’avons pas le droit de compromettre l’avenir de nos enfants. A moins que nous soyons vraiment maudits…

Kader Diaby

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